Ahmed Bouanani

Ahmed Bouanani, 1971.
Photo de M’hamed Bouanani, archives Ahmed Bouanani.


(16 novembre 1938 — 6 février 2011)
cinéaste — réalisateur, scénariste et monteur — écrivain et dessinateur — marocain

Ahmed Bouanani aura défendu une pratique des arts sans égards aux hiérarchies entre les genres. Ni art majeur ni art mineur, mais le règne sans ambages du savoir-faire des peuples. Dans cette vision englobante du métier d’artiste, toutes les disciplines de Ahmed Bouanani se nourrissent les unes des autres, animées par un projet holiste : réinventer les pratiques collectives et les formes (montage, bande-son, onirisme) et, par tant, faire œuvre de passeur de patrimoine et de mémoire.

Monteur sans pareil au cinéma, Bouanani l’est aussi dans sa littérature où il a « élevé l’esthétique du montage à une éthique
de la résistance face à la dépossession » (Omar Berrada). Dans sa dramaturgie, cette caractéristique n’est donc pas en reste.

Ses oeuvres traitent de la responsabilité de l’écrivain face au délitement de la mémoire collective, à une époque qui ne promet qu’amnésie et mort du rêve. L’auteur y peuple ses univers de personnages réels ou imaginaires (écrivain, journaliste, anges et ogres) pour inviter le lecteur, non sans humour, à circuler entre les référents. Pour Bouanani, face à l’amnésie, la question n’est pas de préserver la mémoire, mais de la reconstituer par-delà ses pièges ; de recréer un sens nouveau à partir de fragment épars. On retrouve ses thèmes centraux de sa littérature : la disparition de la réalité, la déréalisation du monde, le rôle de l’écrivain pris entre les impuissances de la mémoire subjective et les porosités de la mémoire collective.

Filmographie & bibliographie

1938 Naissance à Casablanca, le 16 novembre

1963 Diplôme IDHEC (France), dix-huitième promotion, section script-montage.

1964-1965 Travaille pour le Festival des Arts Populaires de Marrakech.

1966-1998 Monteur au Centre Cinématographique Marocain (CCM).

CINÉMA

Réalisation

1966 Tarfaya ou La marche d’un poète, 20 mn
(scénario, montage et co-réalisation avec Mohamed Abderrahman Tazi).

1968 Six et douze, 18 mn (scénario, montage et co-réalisation avec Mohamed Abderrahman Tazi et Majid Rechich).

1970 Création du collectif Sigma 3 et participation à la production du film Wechma.

1971 Mémoire 14, 24 mn (Tanit d’argent au festival de Carthage en 1974).

1972 Sidi Ahmed Ou Moussa (court-métrage, docu-fiction, dont la copie a été perdue).

1977 Les Quatre Sources, 35 mn.

1980 Le Mirage, 100 mn (Prix de la critique, Prix du meilleur déco, Prix du meilleur dialogue et Prix de la meilleure Interprétation masculine au 1er Festival du film en 1982)

Scénarios

1993 Entre l’absence et l’oubli, de Daoud Aoulad Syad

1998 Adieu forain, de Daoud Aoulad Syad (en collaboration avec Youssef Fadel).

2002 Le Cheval de vent, de Daoud Aoulad Syad.

2008 Collier de coquillages, téléfilm de Abderrahman Tazi (adapté du roman inédit d’Ahmed Bouanani, Une autre vie).

Montage

Plusieurs films pour le CCM entre 1968 et 1998 dont :

1970 Wechma, de Hamid Bennani

1978 Al Kanfoudi, de Nabyl Lahlou

1982 Naïtou, de Moussa Diakité (mention spéciale du jury des journées cinématographique de Carthage)

1983 Les Contes de la charrette, de Jean-Paul Cathala

1990 Mémoire ocre, de Daoud Aoulad Syad

1995 L’Oued, de Daoud Aoulad Syad

1998 Adieu forain, de Daoud Aoulad Syad

Direction artistique

1983 Les Contes de la charrette, de Jean-Paul Cathala et la troupe Avant-Quart.

1988 Une porte sur le ciel, de Farida Belyazid

LITTÉRATURE

Écrits publiés

1980 Les Persiennes, recueil de poèmes, éditions Stouky, Maroc.

1989 Photogrammes, recueil de poèmes, éditions Avant-Quart, France.

1990 L’Hôpital, récit, éditions Al-Kalam, Maroc. (Réédité en 2012 chez Verdier, en France, et en 2013 chez DK éditions, au Maroc.)

2000 Territoire de l’instant, éditions de L’Oeil et La Croisée des chemins. Poèmes d’Ahmed

Bouanani, photographies de Daoud Aoulad Syad (Prix du Grand Atlas, Beaux-livres)

Divers essaies, poèmes et bandes dessinées publiés dans les revues Souffles, Lamalif, Al Maghrib, entre 1966 et 1982

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