Archéologie de la perception

Mustapha Azeroual

2nd Mar - 07th Apr 2018

Radiance#4 - Aurora#4, 2016
Epreuve à la gomme bichromatée multicouche
40x60 cm
Courtesy de l’artiste

Radiance#4 - Aurora#1, 2016
Epreuve à la gomme bichromatée multicouche
40x60 cm
Courtesy de l’artiste

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Né en 1979 à Tours, Mustapha Azeroual est photographe autodidacte d’origine franco-marocaine, il vit et travaille à Paris. Scientifique de formation, son travail se fonde sur l’observation et l’expérimentation, confrontant les techniques historiques de prise de vue et de tirages aux enjeux contemporains de la photographie. Interrogeant les outils, les processus d’apparition et les supports, l’artiste privilégie avant tout le point de vue du spectateur. Son travail consiste en une analyse du photographique et s’articule autour de quatre champs d’étude principaux : l’étude de la lumière, la question du motif, l’étude de l’enregistrement et de la restitution de la couleur et la question du support. Ces thèmes de recherche ont donné naissance à des sections d’oeuvres dans lesquelles les séries deviennent des espaces d’expérimentation.

“Un peu comme une expérience initiatique, c’est par le temps et la patience que l’on perce les mystères de l’art de Mustapha Azeroual, avec  la clef une révélation. L’excellence de sa technique est a la fois trans-disciplinaire (il mêle photographie, sculpture, installation) et fusionne les périodes de l’art (combinant procèdes photographiques anciens et nouvelles technologies).
Ses photographies sont énigmatiques, voire abstraites, toujours issues d’un procédé complexe et mystérieux. En réalité, ce qu’il faut voir n’est pas réellement devant nos yeux. Ses œuvres sont des traces, un résultat, une apparition, de la lumière, matière première de la photographie, et que l’artiste réactualise en allant puiser dans l’histoire de ses techniques. On serait tenté de le qualifier d’artisan de la photographie conceptuelle tant l’exigence plastique de son travail rejoint une réflexion théorique profonde. Et pour comprendre sa démarche, il faut accepter de pénétrer dans un autre espace- temps. Plus de consommation rapide de l’image ni de postulat esthétique bancal et vite dépassé.”

Texte de Marie Moignard
(Diptyk Février-Mars 2017)