BAB SEBTA

Randa Maroufi

23rd Sep - 01st Nov 2019

BAB SEBTA (Ceuta’s Gate), film, 19′, 2019.
Courtesy de l'artiste
Copyright © 2019 Barney Production, Mont Fleuri Production. All Rights Reserved.

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Kulte inviter la vidéaste Randa Maroufi à présenter son film, BAB SEBTA, du 23 septembre au 1er novembre 2019.

Bab Sebta désigne en arabe Ceuta, enclave ibérique située au Maroc, face à l’Espagne. Littéralement, la Porte de Ceuta. « Passer » cette porte signifie entrer en Europe. De cette singularité géographique, Randa Maroufi en retient l’économie induite et les rapports de pouvoirs qui s’y révèlent. L’action ? Les petits transits frontaliers en tous genres et plus ou moins légaux qui s’y déploient. Le cadre ? Une frontière figurée par une surface plane à la théâtralité assumée, avec marquage au sol désignant les fonctions et les zones, évoquant par sa grisaille la surface vide d’un tableau d’école en attente d’inscription. Et le parti pris, un lent ballet, avec ses rituels, restitué au regard selon un point de vue dédoublé : à hauteur humaine, et, en surplomb, celui structurant des cartographes comme des hélicoptères de surveillance, indiquant les espaces, soulignant les distributions administratives et pratiques. Sa caméra glissant d’un point à l’autre, Randa Maroufi déroule en de longs plans les interminables files d’attentes, certains s’affairant là à la préparation de ballots ventrus et colorés, ici à la dissimulation de denrées ou encore soumis au contrôle. Défilent biscuits, électroménager, vêtements pliés, roulés, empilés, marchandises de toutes sortes. Autant d’événements réunis en un lieu unique, déployés en une fresque fourmillante, que l’on suit gestes après gestes. Rigoureuse chorégraphie des corps et des mouvements individuels et collectifs, nourrie en off de récits diffractés, de passeurs, de douaniers ou d’annonces policières, relatant trafics, ruses et astuces, laissant deviner les drames. Un Reenactment, contrebandières elles-mêmes comprises, pour une épopée déjouant l’écume et donnant à voir une cartographie géopolitique habitée. ” (Nicolas Féodoroff)

Barney Production et Mont Fleuri Production présentent BAB SEBTA un film de Randa Maroufi. 19 min / couleur / 1.85 / 2.0

Version originale : espagnol, arabe. Sous-titres : français. Scénario : Randa Maroufi. Image : Luca Coassin. Montage : Ismael Joffroy Chandoutis, Randa Maroufi. Son : Mohamed Bounouar, Léonore Mercier. Avec : Les contrebandiers et contrebandières de Bab Sebta. Production : Barney Production – Mont Fleuri Production (Sophie Penson, Said Hamich). Distribution : Shortcuts (Judith Abitbol).

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RANDA MAROUFI

Née en 1987 à Casablanca, Randa Maroufi est diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, de l’École Supérieure des Beaux- Arts d’Angers ainsi que du Fresnoy.

Randa Maroufi est de cette génération advenue avec le règne des images. Elle les collectionne avec autant d’avidité que de méfiance, se pose sans cesse la question de leur véracité. Sa recherche se situe entre le reportage, le cinéma et l’étude sociologique qu’elle poursuit en réalisant des fictions ambiguës qu’elle met au service du réel, et le champ de ses expérimentations s’étend de l’occupation de l’espace public à la question du genre, dont elle relève les mécanismes de construction.

Son travail qui se traduit essentiellement à travers la photographie, la vidéo, la performance et le son, a été présenté lors de plus de 200 événements d’art contemporain et de cinéma majeurs tels que la Biennale de Marrakech (2014), les Rencontres photographiques de Bamako (2015), le Museum of Modern Art à New York (2016), le Dubai Photo Exhibition (2016), Le Festival International du Film de Rotterdam (2016), La Videonale Bonn (2017), la Biennale de Sharjah à Beyrouth (2017), etc.

Son film Le Park a reçu plus d’une vingtaine de prix internationaux et fait parti de la collection photographie-vidéo du Centre National des Arts Plastiques (CNAP).

Elle vit et travaille à Clichy et est membre artiste de l’Académie de France la Casa de Velázquez pour l’année 2017/2018.

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Cet évènement reçoit le soutien de l’Institut Français du Maroc et du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France au Maroc.